Votre Blue Stick a rencontré Camille et Martin Michiels pour cette nouvelle édition.

Sœur et Frère, ils évoluent tous les deux dans les équipes Premières de l'AAAHC.

Nous leur avons posé quelques questions pour mieux les connaître.


Camille, Martin, comment avez-vous découvert le hockey ?

MM : Alors, on n'est pas du tout une famille de hockeyeurs ! J'ai commencé bien avant Camille, à l'âge de 5 ans.  J'avais 2 amis de mon école qui jouaient ici à l'Amicale Anderlecht et je les ai suivis. J'ai toujours adoré ça.

CM : A ce moment-là, on était aussi au club de tennis de l'Amicale.

MM : Effectivement. Mais à 12 ans, combiner les 2 sports devenait un peu compliqué pour moi alors je me suis recentré sur le hockey

CM : De mon côté, à partir de mes 10 ans, j'ai fait beaucoup de gymnastique. Je n'ai pas trop suivi l'évolution de Martin en hockey car je pense qu'à ce moment-là, nous avions besoin d'avoir chacun notre espace.

MM : Entre le moment où moi j'ai commencé et celui où Camille a commencé, notre père a commencé à joué lui aussi. Comme il s'entendait bien avec les parents de mon équipe, il s'est lancé et joue maintenant en Vétérans le dimanche.

CM : Je me suis rapprochée du hockey petit à petit, tout d'abord via les stages multisport de l'Amicale, puis en venant voir Martin jouer. J'avais envisagé de commencer, mais les groupes étaient déjà constitués et j'étais un peu timide. De plus je pensais que j'allais être la plus nulle et ça m'a bloquée. Je me disais "c'est trop tard, j'aurais dû commencer en même temps que Martin".

 

BS : Et qu'est-ce qui a fait que finalement tu t'es lancée ?

CM : J'ai commencé il y a 2 ans, à 25 ans. Nous étions de nombreuses sœurs et copines de joueurs à nous retrouver au bord du terrain pour les encourager et finalement, on a pris le pari de monter une équipe Dames, les Dames 6. La 1ère année nous n'avions que des entraînements.

Nous nous sommes dit qu'on allait toutes commencer en étant nulles et que ce n'était pas grave ! Le but était de s'amuser et on a passé une très belle année.

L'année d'après, une grande partie de l'équipe a intégré les Dames 5 pour jouer le Championnat.

 

BS : C'était il y a 2 saisons. Tu joues depuis le mois de septembre en équipe Première. Que s'est-il passé ?

CM : J'avais très envie de progresser et je me suis engagée à fond : j'ai assisté à tous les entraînement et tous les matchs. J'avais fait la connaissance des Dames 3 en allant les aider quelques fois. Du coup, à la rentrée de septembre, il était prévu que je rejoigne leur équipe.

Une semaine avant le début de la saison, j'ai reçu un message du coach des dames me disant qu'il avait besoin de monde. "Il y a des joueuses qui ont le niveau mais pas la motivation pour jouer en Dames 1, toi tu n'as pas le niveau mais la motivation est là ! On pourra te faire progresser."

Je suis arrivée sans trop savoir dans quoi je m'embarquais. Par chance, je connaissais plusieurs filles de l'équipe et cela a facilité mon intégration. Je trouve ma place au fur et à mesure. Sur le terrain, c'était dur au début mais maintenant je sens que je ne suis plus un "poids" (Rires). J'ai beaucoup progressé et je suis beaucoup plus à l'aise.

 

BS : Et toi Martin, quel a été ton parcours pour arriver en équipe Première ?

MM : Alors moi, c'est beaucoup plus classique ! Vers 15-16 ans j'ai eu des premiers contacts avec le coach de l'équipe 1ère, Yetty et qui était en même temps la coach de l'équipe Juniors*. Le passage entre les 2 était relativement facile. Lors de ma 1ère sélection pour remplacer un joueur blessé, j'ai marqué un goal, c'était sympa.

CM : Moi aussi, j'ai marqué à mon premier match ! (Rires). Bon je n'ai plus marqué depuis…

MM : Entre 16 et 18 ans, j'ai dû apprendre à être patient : de nombreuses sélections sans forcément monter beaucoup sur le terrain. Je me rappelle d'être allé à Verviers pour jouer 2 x 2 mn. Ca forge le caractère : c'est là que tu vois les joueurs qui ont envie de persévérer et ceux qui abandonnent directement.

 

BS : Avec le recul, cette période d'intégration progressive est importante selon toi ?

MM : C'est important pour les jeunes de comprendre que ce n'est pas parce qu'ils sont appelés en équipe 1ère qu'ils vont jouer directement. Le niveau technique est une chose mais il y a aussi une grande différence physique à cet âge-là. On n'est pas tout à fait formé quand on a 16 ans. Moi, je devais faire 50 kg… Et jouer face à des adultes, ce n'est pas spécialement évident.

J'ai beaucoup joué en équipe Mineur pendant ces 2 années-là de manière à m'habituer à jouer avec des adultes.

 

BS : Nous sommes sur la dernière partie de saison. Quel est l'objectif sportif de vos équipes respectives ?

CM : Notre équipe est en Nationale 2** depuis plusieurs années. Notre objectif est clairement aussi de se maintenir. Pour l'instant nous sommes 9èmes sur 12. Les 11 et 12ème descendent d'office et les 9 et 10èmes jouent les barrages. On va tout faire pour les éviter cette année ! On ne fait pas une saison incroyable mais on le savait : on est très court en effectif. L'équipe a perdu plusieurs joueuses depuis 2 ans et la nouvelle génération est encore un peu jeune. Heureusement les autres équipes dames du club nous aident beaucoup !

Nous avons une très très bonne défense. Notre problème est clairement qu'on ne marque pas car nous n'avons plus vraiment de buteuses. Du coup, tous nos matchs sont assez serrés.

MM : Chez les hommes, ça fait 2 ans que nous sommes remontés en D1**. Nous sommes actuellement 6èmes. Notre objectif est le maintien, avec une place autour des 5-6 comme l'année dernière ce serait super. Tous les matchs en D1 se jouent à très peu de chose. Le classement est très resserré, version panier de crabes !

On ne veut pas se mettre plus de pression. Il ne faut pas oublier que personne n'est payé dans notre équipe, ce qui devient rare aujourd'hui à ce niveau. Ce n'est pas la politique du Club de construire un budget pour recruter des professionnels et viser plus haut. C'est aussi cela qui nous permet de garder un esprit assez sain et familial dans notre Club.

BS : Racontez-moi comment se passe une semaine de joueur.se en équipe première.

MM : Notre semaine est très chargée : après mon travail (NDLR : Martin est consultant en finance) , je file à l'entraînement, le mardi et le jeudi (20h30-23h). Le temps de se doucher et de rentrer, ça fait tard. Notre match a lieu le dimanche en début d'après-midi. Nous sommes là 1h15 à l'avance pour le briefing et un bon échauffement. Après le match, l'équipe se retrouve en 3ème mi-temps pour décompresser.

Se rajoutent à ça nos différents engagements dans le Club : certains, comme moi, sont membres du Comité sportif et d'autres entraînent/ coachent des équipes.

Ca fait beaucoup, mais on aime ça ! (Rires)

CM : De notre côté, c’est nettement plus relax que les garçons et heureusement! On a un entrainement par semaine, le mercredi soir, de 20 à 22h et je pense qu'il ne serait pas possible d'en demander plus... Certaines joueuses sont mamans et la plupart ont des métiers très prenants et des horaires pas faciles, donc un 2eme entrainement aurait probablement peu de succès! Nos matchs se jouent le dimanche à midi, ce qui peut-être un peu tôt pour certains quand on voit notre nombre impressionnant de supporters (n’est-ce pas Martin...). L'avantage c'est que ça nous permet d'ensuite aller voir jouer "nos Messieurs" et de nous joindre à leur troisième mi-temps!

 

BS : Martin, tu n'as jamais été tenté par l'aventure en DH dans un autre club ?

MM : J'ai vraiment franchi un niveau dans mon hockey assez tardivement vers 20/21 ans. J'avais déjà bien entamé mes études et du coup, je n'ai pas vraiment cherché à changer. De plus quand je vois aujourd'hui le nombre et l'horaire des entraînements des équipes de DH, ce n'est pas combinable avec n'importe quel métier. Aller jouer quelques années en DH m'apporterait sans doute plein de choses au niveau sportif mais je me suis toujours senti bien ici et mes meilleurs amis jouent ici.

N'oublions pas que cette aventure en DH, j'ai la chance de la vivre pendant la saison salle où notre équipe a terminé dans le carré final les 3 dernières années ! Et ça fait plaisir.

 

BS : Le hockey c'est aussi et surtout une belle aventure avec ses copains : une anecdote à partager ?

MM : des anecdotes, j'en ai des centaines ! (Rires) Je crois qu'une des plus belles est celle où Teneur, qui était en charge de ramener les gourdes après le match, est tombé en panne d'essence en rentrant chez lui. Il est allé remplir 2 gourdes à la station-service avant de se rendre compte qu'il n'était pas possible de remplir son réservoir avec un goulot de gourde… Tout ça en se filmant pour nous faire partager l'aventure ! Résultat, il a fallu jeter les gourdes car elles goûtaient encore l'essence malgré plusieurs lavages.

 

 

 

* La catégorie Junior s'appelle désormais U19.

** Le Championnat de hockey s'organise en divisions : La Division Honneur regroupe les 12 premiers Clubs. Puis vient la D1 et la D2 et snsuite les Divisions Régionales.